Désirant acquérir un nouveau planeur cet été (2007), j’ai regardé le matériel disponible sur le marché au printemps 2007. Crossfire, Ascot, Caracho3K, Estrella DP... mon choix s’est finalement porté sur un SupersonicR, la version « Reloaded » du Supersonic champion du monde en 2003 aux mains d’Andreas Bohlen (nouveau profil, nouvelle forme d’aile). Le SupersonicR est à empennage en Vé
J’ai eu 2 versions entre les mains :
-une version standard, avec fuselage verre/kevlar, longeron UHM
-une version
améliorée, avec fuselage carbone, longeron UHM, ailerons
avec giga-flap (l’aile avec « Reloaded »
marqué a l’intrados)
La qualité de
fabrication est bonne. Très peu de retouches sont
nécessaires pour assembler le modèle et les
éléments des 2 modèles semblent bien
interchangeables. Le kit est complet avec notamment les rallonges
électriques et les prises MPX vertes.
Le stab en vé est en 2 parties avec des gigaflaps. Il reste a
coller la tringlerie en métal avec la chape a boule
(déjà soudée et mise en forme). Le volet est
même déjà percé pour accueillir la commande.
J’ai ajouté un adhésif pour faire
l’étanchéité de la gouverne. Chaque demi
stab équipé pèse 37gr. Les deux modèles ont
des sandwishes différents : un est à base de balsa
et l’autre de rohacell. Sur la masse, cela va en faveur du
rohacell pour 2gr de moins par demi-stab. Pour la
longévité, on verra bien !
Le fuselage en verre
kevlar est un peu souple mais très léger : 255gr .
Celui en carbone pèse 15gr de plus mais la rigidité est
bien meilleure ! C’est en fait une (plusieurs ?) couche
de verre à 45° puis de la nappe carbone et d’autres
renforts locaux.
La section du fuselage
est triangulaire, ce qui lui confère une bonne rigidité
associée à une optimisation de la
place.
La contre-ogive
(carbone également) permet de loger l’équipement
radio, mais au chausse pieds… il n’y a pas de
gras…pas besoin de mousse pour tout caler. En rusant un peu,
j’ai réussi à caser 5 éléments NiCd
format 2/3, mais le fabricant préconise plutôt 4
éléments format bâton. Le récepteur est un
MPX RX7 (IPD-DS Synth) de section carrée qui rentre pile-poil en
largeur. Ses dimensions sont proches du récepteur Graupner DS24
préconisé (très largement utilisé par les
Allemands dans les F3B). Au niveau servos, j’ai monté 2 JR
JPRS3650, identiques au Graupner DS3781, servos ultra rapides et
d’un couple largement suffisant pour des empennages à
volet.
Les commandes
livrées sont en fibre de verre. Pour éviter des
problèmes de dilatation (décalage des neutres) avec le
fuso carbone, j’ai voulu les passer en carbone, mais une gaine ne
doit pas être parfaitement droite et la commande carbone force un
peu trop a mon goût… J’ai donc tout laissé
comme tel !
L’antenne
traverse tout le fuso carbone et sort par le
« bouchon » au niveau du stab. J’ai alors
soudé au bout du fil en cuivre la CAP 0.4 (30cm) qui
étant très souple, peut se courber et s’aligner
avec le fuselage en vol. Un bout de gaine thermo évite tout
contact entre le métal et le carbone
(effet indésirable ?) et l’extrémité de
la CAP est recourbée pour une question de sécurité
(on évite de crever les yeux de ses copains, c’est plus
sympa ).
Les ailes ont une forme spécifique. La soute à ballast est derrière la clé d’aile et permet de loger 1100gr au max. Si besoin, on peut utiliser la clé d’aile comme soute supplémentaire pour ajouter 300gr (en grattant la mousse à l’intérieur de la clé). L’état de surface est très bon et la peinture de bonne qualité.
La version avec les gigaflap offre également des ailerons plus larges en bout d’environ 8mm. Attention, dans cette configuration, le bout d’aile restant après le gigaflap (15mm) est fragile. Dans mon cas, les 2 saumons étaient endommagés à l’arrivée du planeur bien que l’emballage du modèle soit très correct. On prendra garde à ne pas poser l’aile sur son saumon !
Il restera donc à poser les
guignols sur les volets et ailerons avant d’ajuster les petits
caches aérodynamiques. Les caches servos ont une bosse
autorisant un guignol de servo assez long si besoin. Le profil
étant assez fin, le bossage aide bien. Sur la version gigaflap,
le fabricant n’avait pas marqué la position des sorties de
gouverne, comme s’il avait voulu faire une version RDS
( ???)… En effet, sur la première version, les
traces des carénages aérodynamiques étaient
moulées dans l’aile.
La pose des guignols sur les volets et ailerons est toujours un peu
délicate. Il faut veiller à être bien
symétrique. De petits renforts en bois sont présents dans
les parties mobiles pour y planter les guignols fournis.
Au niveau du gigaflap, j’ai réalisé la jonction
avec l’aileron avec un simple adhésif. Mais attention,
celui-ci doit être souple car les 2 parties mobiles
s’éloignent à chaque mouvement. J’ai donc
opté pour du Blenderm, adhésif médical que
l’on trouve en pharmacie.
L’aile est équipée de servos Graupner DS3068 aux
volets et DS3210 aux ailerons. Ces derniers servos sont
d’ailleurs d’une fiabilité très
moyenne…
La masse totale du planeur est de 2,150kg avec très peu de plomb devant (alti+gros accus), ce qui est dans la bonne moyenne.
Le Supersonic était paraît-il assez « chaud » en durée.
Le nouveau est alors bien différent ! Je trouve que le
SupersonicR « parle » bien et je ne lui ai jusque
là pas trouvé d’attitude désagréable
même dans le petit temps. Les volets de courbures sont efficaces
et permettent de ralentir le planeur modérément.
Même dans le petit temps, les volets de courbures peuvent
être sortis en permanence et rester bénéfiques. Le
taux de chute est alors faible et la vitesse de vol suffisamment rapide
pour transiter d’une zone à l’autre. La
dérive est efficace et une correction de cap est faisable sans
mettre le manche en coin. J’ai même essayé du
snap-flap en spirale pour le fun, associé à un peu de
volet et le comportement est agréable. Snap-flap+volet dans du
petit temps, forcement, c’est très limite…Il vaut
mieux choisir !
En distance,
la première version, sans gigaflap, manquait de répondant
aux ailerons. Il fallait beaucoup de débattement pour le remuer.
La nouvelle mouture avec des ailerons plus larges corrige bien cela.
J’utilise un léger combi (aileron->dérive) et un
mixage aileron->volet (avec beaucoup de différentiel aux
volets) pour n’avoir que des ordres aux ailerons et profondeur
à donner (sauf à basse vitesse). Je n’ai pas encore
essayé le snap-flap. Ainsi, le planeur perd peu d’altitude
en virage et ne ralentit pas ou peu… à condition de ne
pas rater le virage ! Sinon ses facultés
d’accélération permettront de rattraper le coup
rapidement
Bon cela dit, le SupersonicR n’est pas le planeur le plus
maniable que je connaisse (par rapport au Caracho…) mais pour
son envergure, c’est pas mal. Dès 400gr de plomb, le
modèle accélère bien face au vent. Ce ballast ne
semble pas trop le pénaliser dans de l’air neutre,
à condition de voler avec une bonne cadence. Par grand vent, le
passage en négatif est efficace sans trop augmenter le taux de
chute.
En vitesse, le SupersonicR est très sain. Sa rigidité élevée permet d’éviter les mouvements indésirables du planeur en sortie de virage notamment (fuso carbone !). J’ai été impressionné par la vitesse du retour de la base B, peu habitué à piloter une machine aussi rapide. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’essayer le planeur plein ballast, mais « seulement » avec 950gr. Le réglage de négatif paraît très important. En effet, la plage de vitesse du planeur augmente vraiment une fois le bon taux trouvé. Et ça se joue à peu. Une chose est sure, il en faut pas mal, presque 3mm !
Au treuillage, le planeur est stable. Toutes ses commandes sont réactives dont la dérive, bien efficace pour un stab en vé. Mon crochet n’est pas arrière. Il est au niveau du CG, ce qui garantit une bonne maniabilité pour aller chercher le vent latéral. Par contre, il y a beaucoup de cabreur sur les 2 phases de treuillage (-0,5/-1,5mm). Les réglages donnés par Mr.Becker sont très bons. La rigidité de la machine en flexion est bonne. Les sorties de treuils me paraissent très bonnes avec une moyenne autour des 265m par temps neutre.
Après plusieurs mois
d’utilisation et 2 versions en main, je peux dire que la version
carbone+gigaflap est très largement préférable et
vaut le surcoût (+200euros). La machine reste chère :
1640euros en version UHM+gigaflap+fuso carbone auxquels il faudra
ajouter 80 euros de ballast. La qualité de fabrication est
très bonne et l’ensemble paraît fiable.
C’est une machine beaucoup plus polyvalente que le Victor par
exemple, au comportement parfois surprenant. Ses qualités
voilières en font un bon planeur de détente pour des vols
de durées mais aussi très performant en vitesse. Pour la
distance, il me faudra attendre de le comparer avec d’autres
planeurs dans le même air en concours !


















